Dans la vie vraie

par emery doligé

Confession d'un père technophile

Confession d'un père technophile

Aujourd'hui, j'ai vu dans les yeux d'un père la fierté qu'il a de la réussite d'un de ses fils à un concours. Hier soir, un père m'a dit qu'il allait transformer son fils en footballeur professionnel parce qu'il aime le foot. Et j'ai vu dans le regard de nombreux pères toute la portée de leur espérance quand ils avaient un fils en premier.

J'ai deux enfants une fille, un fils. Ma chair, mon sang, ma vie. Les élever dans la meilleure sécurité, le meilleur confort, le meilleur développement intellectuel, etc.. S'inquiéter d'un manque de communication, d'un retard, d'une mauvaise note, d'un manque d'appétit, d'un sourire absent, d'un œil éteint... s'inquiéter. Et espérer les voir grandir le plus possible. Je suis père tendance papa-poule-mère-juive.

Nos enfants sont nos espérances, notre hérédité et nos impatiences. Nous mettons en eux tellement de choses. Ils nous bouleversent, nous imitent, nous singent, nous refoulent, nous enroulent, nous embobinent et finalement nous aiment malgré tout, malgré nous parfois. Et les voir cachés derrière des écrans me hérisse le poil.

Pourtant, nous sommes des enfants de la gameboy, du téléphone portable et d'autres jeux qui nous séparaient de nos parents. Nous sommes les enfants de la télévision tout le temps allumée. Nous sommes les enfants de la période pré-historique de l'écran. Nos enfants sont les modernes. La baston entre les anciens et les modernes... un classique qui perdure. Et ils ne sont pas moins ouverts que nous.

Forts de nos nouvelles technologies, qu'avons nous inventé de plus dans la relation parent-enfants qui permette de dire que nous avons progressé ? Les moments de silences entre un enfant et son parent sont un moment de silence qui peut avoir une portée d'importance. Comment appréhender la transmission au milieu de ces nouveaux outils technologiques qui dresseraient selon certains des murs entre eux et nous ? Mes écrans étaient moins puissants que ceux de mes enfants, mais les comportements étaient les mêmes.

L'ouverture sur le monde issu des nouvelles technologies permet de croiser d'autres pères, d'autres façon d'éduquer, d'autres méthodes d'enseignement. Ce travail sur soi est-il dans le respect de ce que nous sommes ? Nous modifie-t-il à la marge ou en plein ? Je suis fils et je suis père. Quand je regarde l'éducation que j'ai reçue et celle que je donne, les modifications sont marginales sur le fond : Amour, respect, politesse, service etc... reviennent avec le même sens des valeurs. Sur la forme, c'est faussement plus cool. Juste faussement.

La modernité n'a donc rien changé au fond. Une fois de plus. Ne jamais oublier qu'il y a souvent plus d'actualité dans les textes de Sénèque que dans les journaux du jour. Alors à la question de savoir si les nouvelles technologies abîment les relations entre un parent et son enfant, chez moi, je réponds par la négative.

Les écrans sont devenus des jeux. Des jeux pour les grands et les petits. Ils poussent toujours à la créativité, à l'amélioration, à la performance et aux rires. Au lieu de jouer seul, un enfant peut jouer avec ses copains à distance et poursuivre le lien d'amitié.

Quant aux dérives, je surveille.

Autres confessions :

- d'un homme

- d'un téléspectateur

- d'un influenceur

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Emery Doligé

Dans la vie vraie.

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