Dans la vie vraie

par emery doligé

Tinder, Meetic and co... est-ce que séduire sur le net est encore un tabou ?

Tinder, Meetic and co... est-ce que séduire sur le net est encore un tabou ?

Dans un Mry & Rodrigo show, nous vous donnions quelques idées en évoquant des sites où l'éphémère est la règle. Dans un Elle, il y avait un article intitulé "24 heures sur Tinder". Tinder, comme On Lulu, est une interface numérique facilitant la rencontre qui ringardise Meetic nous apprenait aussi Le Tube de Canal+. De même, dans le Nouvel Observateur, un article "Drague sur le pouce" se posait la question de savoir si la drague de la rue était remplacée par les linéaires du web dans lesquels on fait son marché. Et même le Obsession de ce week-end se posait la question des nouvelles mythologies de la sexualité. Bref, notre sexualité changerait-elle ?

Alors dans les réseaux sociaux, j'ai demandé si les échanges en ligne allongeaient ou non les préliminaires.

J'ai reçu beaucoup de témoignages publics et privés. Il y avait beaucoup de mélancolie. Comme si seuls les échecs étaient avouables, comme si la rencontre en ligne n'était pas digne. Même en 2014.

Si les réseaux sociaux ouvrent la voix à toutes les rencontres, si les mots rassurent, il n'en reste pas moins que tout le monde doute des mots lus, même s'ils sont maîtrisés. Il y a une alerte en chacun des témoins qui s'allume, m'ont-ils assuré. Les photos sont considérées comme suspectes, on recherche d'abord les effets et les filtres. On se demande pourquoi le noir et blanc (problème de peau) ou le décolleté trop présent (faire oublier d'autres formes ?)... Qu'est ce qu'on veut cacher par une plongée (l'âge ?) ou une contre-plongée ? Le doute habite, la rencontre physique est nécessaire pour tous avant de basculer vers du non raisonnable. Les sens ne sont pas satisfaits alors que les réseaux sociaux and co passent par la voie de la raison. L'oreille est le chemin du cœur.

Les plus téméraires - ou les plus lucides ? - repoussent d'un revers de la main les mots superfétatoires que la rencontre "en vrai" pourrait générer pour plonger directement dans l'acte sexuel. Un peu à la manière du comportement des femmes asiatiques adeptes du Tao qui préfèrent "consommer" avant de se raconter. L'intimité est dans ce que l'on est, plus que dans ce que l'on donne, explique les Chinois. La dichotomie entre le coté reptilien, et le coté sensible qui fait ce que nous sommes.

Ce que le digital a révélé est ce que nous refusions d'accepter : le corps est le premier élément qui nous invite à plus ou pas. Regarder une fille ou un garçon dans la rue en se disant "elle est bonne", "il est mignon", etc... est une réaction uniquement reptilienne. Dans les réseaux sociaux et autres sites de rencontre, ce n'est rien d'autre.

Notre sexualité ne change pas par les réseaux sociaux, elle tue l'hypocrisie judéo-chrétienne qu'on essaye de nous inculquer : "ce n'est pas le corps qui incite à la rencontre, mais les accords de l'esprit".

Si vous êtes en quête, acceptez-le.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Emery Doligé

Dans la vie vraie.

Commenter cet article