Dans la vie vraie

par emery doligé

Pour gagner, Nathalie Kosciusko-Morizet doit d'abord perdre l'élection à la Mairie de Paris...

Pour gagner, Nathalie Kosciusko-Morizet doit d'abord perdre l'élection à la Mairie de Paris...

Hier soir, j'étais chez Frenchweb pour écouter Nathalie Kosciusko-Morizet présenter son plan numérique pour Paris.

Pendant son exposé sur les 10 points pour les start-ups et les 10 points pour que les parisiens vivent mieux le numérique, je repensais à nos échanges dans les réseaux sociaux où je l'incitais à fédérer autour d'elle un homme qui aspire à être Maire de son arrondissement. Il a la légitimité terrain et historique. Elle ne l'a pas fait, il a monté sa liste. Il va lui prendre des voix voire même pouvoir se maintenir au second tour. Un arrondissement de perdu. Il y a plusieurs listes mineures dans de nombreux arrondissements qui se sont constituées... Et NKM pense créer des listes d'union au second tour avec le risque de fâcher ceux qui sont sur ses listes au premier tour.

Dans ses arguments, NKM a expliqué qu'elle voulait réorganiser la Mairie de Paris en silos plus efficaces en créant un lien transverse pour ne pas être victime d'une techno-structure politique. En gros, une volonté de délégation proche de l'opérationnel pour dynamiser les services. L'idée est louable. NKM a précisé que cela prendrait quelques années.

Et j'ai rapproché les deux faits.

Dans le premier, elle a démontré son incapacité à s'adapter aux contraintes du terrain et a préféré subir les choix des groupes politiques pour les têtes de listes alors qu'elle pouvait imposer un autre style et sa marque. Elle a raté le coche de faire de la politique autrement. Elle est rentrée dans le rang.

Dans le second fait, en expliquant qu'elle veut changer l'organisation à la Mairie de Paris, elle veut donc démontrer que son organisation de campagne est ce contre quoi elle lutte. Paradoxal.

Accessoirement, je passe sur le fait qu'elle n'a pas su écouter les réseaux sociaux qui lui demandaient de démontrer sa nouveauté. Elle s'est rangée dans le système.

Il y a donc un contre-sens essentiel chez NKM que je ne m'explique pas. Elle communique sur une aspiration en grand qu'elle ne met pas en place en petit.

Et si je pousse même un peu plus loin, sa communication montre des failles béantes. Par exemple, la première question hier soir était sur ce qu'elle ferait dés son arrivée pour le numérique. Elle a répondu "les start-ups". Une bonne communication eu égard au contexte aurait commencé par la phrase de réponse suivante : "Ce n'est pas une mais deux choses simultanées... Parisien... Start-up...". De même, hier soir, elle a conclu en disant que Paris devait s'affirmer comme une "Love city". La communication finale est censée être le message sur lequel le politique insiste. NKM a tenté un coup de charme faute de vision pour Paris.

En quittant cette présentation, j'ai gardé en tête une de ses phrases : "Dans le métro, il y a des moments de disgrâces quand on arrive pas à se connecter à ses mails". NKM prend des coups sur des erreurs de communication (et de fond) puis se corrige très bien... Elle a démontré qu'elle était une bonne élève qui connaissait bien ses dossiers, mais qu'elle n'avait pas encore la stature de leader. NKM doit donc perdre les élections à la Mairie de Paris pour apprendre à bâtir un projet et une organisation cohérente pour gagner d'autres combats. Comme Chirac.

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