Dans la vie vraie

par emery doligé

Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP... pourquoi ?

Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP... pourquoi ?

Depuis qu'il est parti, on se demande si Nicolas Sarkozy va revenir et quand. Depuis le début de l'été, la question s'accentue. L'UMP va choisir son nouveau Président en fin d'année. Nicolas Sarkozy est attendu voire espéré par un bon nombre de partisans et d'opposants. Les premiers parce qu'ils croient encore en lui, les seconds pour espérer ressouder une opposition hétérogène. Et on prête même à François Hollande cette espérance pour remonter dans les sondages.

L'UMP a explosé avec les affaires qui entourent Jean-François Copé et ses amis de Bygmalion. Tout ce qui ramènerait au passé de l'UMP développerait une certaine méfiance. Nicolas Sarkozy a dirigé l'UMP pour s'en servir comme tremplin vers la Présidence de la République en 2007.

Nicolas Sarkozy a été Président de la République. Peut-il redevenir chef de parti ? Il n'y a pas de cas en l'espèce. Aucun Président de la République n'est jamais redevenu chef de bande. Ils ont tous passé la main.

Je me suis demandé si les militants de l'UMP voulaient voir revenir l'ancien Président. Je n'ai pas trouvé de ligne favorable à la chose dans les réseaux sociaux, ni ailleurs. Un militant de droite dans les réseaux sociaux qui s'affiche comme tel fait parti des militants les plus combatifs. Pour eux, il semble que Nicolas Sarkozy incarne une ligne et des méthodes du passé.

Tout le problème de Nicolas Sarkozy est ce qu'il incarne. Il incarne le passé qui a été rejeté. Bien sur la thèse qui dit que si la campagne avait duré un petit mois de plus en 2012, François Hollande n'aurait jamais été élu est d'autant plus recevable qu'aujourd'hui ce dernier démontre qu'il n'a pas bénéficié d'un vote d'adhésion mais d'opposition au sortant.

Il y a donc ce scrupuli dans la chaussure de tous les français qui rappelle que Nicolas Sarkozy a déçu son camp et les espoirs qu'ils incarnaient. Il a réussi à faire voter sur son nom des gens de gauche. François Hollande est dans la même veine, en plus violent encore.

Président du premier parti d'opposition, c'est quoi ? C'est s'opposer et incarner une alternance crédible.

Je crois que même cela a changé. S'opposer pour s'opposer, il y a une certaine lassitude à la chose de faire croire au gens qu'il faut faire le contraire de ce qui est annoncé et fait. Comme si depuis longtemps, nous ne comprenions pas qu'il n'y a pas qu'un chemin vers la réussite. Les gens ne sont pas si cons. Ils savent bien que rien n'est aussi manichéen. Même les communistes sont revenus de cette posture dans les années 80.

Ensuite, incarner une alternance quand on a déjà été aux responsabilités est une gageure. On sera toujours tenté de se rappeler le passé pour qu'il ne recommence pas. On sera toujours poussé à comprendre que celui qui incarne de nouvelles promesses ne les a déjà pas tenues une première fois.

Alors, Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP serait la démonstration que personne n'a rien compris aux deux évolutions majeures qui viennent de se produire :

  • La politique du bon sens a pris le pas sur la politique dogmatique (l'effet dose pragmatique tendance libérale dans les réflexions)

  • Le parcours politique ne doit être entaché d'aucune faute (l'effet transparence, fact-checking and co).

Le problème se posera dans les même termes au Parti Socialiste en 2017 ou un peu avant.

Disclaimer : Je suis libéral. J'ai voté Delanoë à deux reprises, Sarkozy en 2007 et Hidalgo en 2014. En 2012, il faisait si beau au second tour...

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