Dans la vie vraie

par emery doligé

Les régies publicitaires vont-elles parvenir à s'adapter aux nouveaux comportements des internautes ?

Les régies publicitaires vont-elles parvenir à s'adapter aux nouveaux comportements des internautes ?

Il y a quelques jours je me demandais si les agences comprenaient qu'il fallait passer à un temps long dans sa relation avec l'annonceur. Aujourd'hui, je me demande si les régies publicitaires vont être capables de se transformer ?

La fonction principale d'une régie publicitaire est d'agréger l'espace publicitaire de divers éditeurs de médias et de remplir les espaces publicitaires de ces médias avec les publicités d'annonceurs intéressés par leur audience. Les médias classiques ont compris que pour toucher le plus grand nombre, il fallait être proche des gens et passer par les réseaux sociaux, le web et le mobile.

Mais voilà, depuis quelques longs mois montent de façon significative sur le web des outils qui permettent de bloquer les publicités. On appelle ça le business de l'ad-blocking. Mais ce n'est pas qu'un business. La CNIL recommande aux internautes de télécharger des solutions de "blocking" comme d'Adblock.

Des petits génies ont rapidement compris qu'en mettant à disposition des solutions logiciels qui permettaient d’empêcher les publicités sur le numérique, ils deviendraient les nouveaux Robins des bois. Les internautes, comme moi, qui utilisent ces outils, ne sont jamais impactés par des publicités plus ou moins intrusives. Seules celles des anciens média m'affectent. Mais, comme de nombreuses personnes, je suis tellement éduqué à ce genre de publicité, que je ne les vois plus et ne les entends plus.

En parallèle de cela, l'ami Frédéric Montagnon a monté cette année une société qui permet de contourner les solutions d'ad-blocking, Secret Media. Si je comprends l'ambition de Frédéric, il y a un vrai biais à la volonté de contourner les solutions d'ad-blocking. Cela s'appelle l'éducation.

Dans Stratégies, je découvre le nombre d'internautes qui bloquent les publicités dans le monde : 144 millions d'internautes soit une augmentation de 69% en un an. L'augmentation est significative. Cela pose la question de la rapide éducation des internautes. Si les éditeurs perdent des revenus avec ces solutions d'ad-blocking, les internautes gagnent en qualité de lecture. Les internautes comprenant leur intérêt, ils téléchargent des solutions. Ils s'éduquent.

La question qui se pose est celle de savoir si les régies publicitaires ont compris que l'important n'est pas leur solution descendante vers l'internaute mais leur capacité à prendre en compte les comportements de l'internaute. Je ne sais pas non plus si les régies sont capables de préparer leur mutation vers la création de cohortes d'ambassadeurs de marques. Je ne sais pas n'ont plus si les nouveaux comportements des internautes seront compris par les régies pour créer du contenu ad hoc qui seraient avant tout à destination des internautes avant de tenter de leur vendre quelque chose.

L'internaute n'est plus un béotien. Il a un comportement d'adulte et on n'apprend pas aux vieux singes à faire la grimace, on le séduit dans un temps long. Par exemple Facebook permet à tout un chacun d'accepter ou non la publicité. Facebook s'inscrit dans un temps long.

Comme pour les agences de communications, les régies publicitaires doivent reprendre leurs fondamentaux pour davantage de connaissance de l'internaute qui, plus le média est immédiat, plus il a besoin de prendre son temps avant de se confier...

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Emery Doligé

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