Dans la vie vraie

par emery doligé

Rémy Pflimlin ne se représentera pas à la tête de France Télévisions, on parie ?

Rémy Pflimlin ne se représentera pas à la tête de France Télévisions, on parie ?

En 2013, j'écrivais que les changements majeurs de France Télévisions résidaient en sa capacité à associer l'utilisateur dans sa démarche de changement. Cela a commencé, mais ce n'est pas encore suffisant. D'un autre coté, il y avait de nombreux chantiers comme la réduction des effectifs.

Alors comment France Télévisions peut-elle avancer ?

Dans six mois, Olivier Schrameck, Président du CSA, dira qui il nomme à la tête de France Télévisions. Espérons qu'il aura autant d'indépendance que pour la nomination de Matthieu Gallet à la présidence de Radio France en mai dernier.

Rémy Pflimlin est encore Président de France Télévisions, il a soixante ans et le travail qu'il a fait à la tête du premier diffuseur français est considérable, mais pas suffisant reconnaissent les professionnels de la profession.

Si le CSA, la semaine dernière, dans un pré-rapport, a tiré à boulet rouge sur France Télévisions, il est logique que Rémy Pflimlin refuse cette ingérence de l'organisme de régulation de l'audiovisuel en expliquant notamment que France Télévisions a « besoin d'un régulateur rigoureux, transparent et compétent, qui évalue France Télévisions en toute impartialité et l’aide à progresser, écrit le Président dans une lettre interne. Il poursuit : Ce document méconnait chacune de nos antennes ainsi que nos organisations, émet des affirmations erronées ou caricaturales et relève également d'une ingérence dans l'information. ».

Ce qu'il y a de certain en ce début de mois de novembre est que le Président de France Télévisions peut se targuer d'avoir réussi à faire plier les rigidités internes de ce groupe de chaines de télévisions pour le faire passer non seulement dans la modernité, mais aussi dans la flexibilité qu'oblige le monde médiatique aujourd'hui.

Mais, Rémy Pflimplin a-t-il répondu à la contrainte que pose le digital : une adaptation permanente aux comportements de l'utilisateur final (téléspectateur, internaute, mobinaute...) ?

Et il faut s'entendre sur ce qu'est un utilisateur d'aujourd'hui. Peu importe l'écran, il est connecté, il consomme sans programmation et n'est devant sa télévision que pour les grands événements. Et s'il n'est pas tout ça, il veut le devenir. Enfin - et surtout - tel un internaute, l'usager final attend de retrouver dans ses usages un écho dans ceux qui gouvernent les médias. Il y a quelques mois j'invitais les barbares de la télévision à prendre le pouvoir, Rémy Pflimlin n'est pas un barbare, mais il a une chance historique...

La chance historique de Rémy Pflimlin est de préparer sa succession pour que France Télévisions se mettent au diapason des chaînes les plus en phase avec les utilisateurs notamment anglo-saxonnes (...et non pas juste rattraper son retard sur ce qui se fait de mieux en France). C'est la poursuite logique de son travail. Le petit monde médiatique sait qu'il n'est pas au niveau du monde numérique (expérience, vision...), en revanche il a préparé par son action le travail de son successeur.

Alors pour sortir par le haut, être dans l'air du temps de la transmission, Rémy Pflimlin, qui est l'un des Présidents de France Télévisions qui a fait le plus pour ce groupe, ne peut pas se permettre de se représenter sans risquer de faire une erreur historique et de se voir reprocher ce qui est dit à propos des politiques aujourd'hui : le décalage avec les attentes des français.

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Emery Doligé

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