Dans la vie vraie

par emery doligé

La somme des lassitudes

À la fin d'un article de Libération sur Borloo en 2014, il était écrit :

Une santé vacillante, l'insistance de ses proches à raccrocher et la somme des lassitudes lui auront fait franchir le pas

La somme des lassitudes

La somme des lassitudes.

C'est ce qui m'étreint aujourd'hui. Certains réseaux sociaux qui ne servent à rien d'autre qu'à faire de la com', les politiques qui ne font rien alors qu'ils avaient promis, les citoyens qui tentent des trucs mais qui las s'en prennent à ces aides qui ne viennent pas, ces gens qui disent vouloir changer de vie sans vouloir s'en donner les moyens, ces camarades de jeux qui se cachent des vérités derrière des mots insignifiants et excessifs, et enfin nos proches qui nous reprochent d'être trop dans le virtuel sans voir le profond bouleversement sociétal en cours.

Et on ne vit pas seul. On vit dans une société où toutes nos décisions engagent au-delà de notre seule personne. Professionnellement bien sûr, mais personnellement aussi. "Quoi que vous fassiez, vous ferez mal" disait Freud en parlant aux parents, de l'éducation de leurs enfants. Nous sommes tous dans l'attente du changement, ancrés dans nos certitudes.

Pourtant, la société panoptique qui est en train de se mettre en place nous oblige à trouver des solutions pour affirmer notre moi au milieu d'une volonté de niveler par le bas le groupe. Notre soif de différence cherche des leviers de réalisations. Il y a ceux qui veulent apporter et porter une singularité par des excès de gentillesse et d'enthousiasme, ceux qui ont préféré le cynisme ou ceux encore qui ont choisi l'indifférence.

Alors comment contourner cette somme des lassitudes pour ne pas être étreint par elle.

Borloo était un homme d'Etat sensible. Il avait à cœur de gérer des ego avant de gérer l'intérêt général. Son arrivisme a été contraint par son humanité. Il s'est retiré. Un comportement inverse exprimerait une distance avec notre humanité. Un mix des deux obligerait à arbitrer en permanence.

À la recherche d'une réponse, il faut se demander si la question qui se pose est celle de notre force à passer par dessus cet état de lassitude ou pas. Notre capacité à aimer.

Vous n'êtes pas assez fort pour aimer. Sinon, vous n'auriez pas d'état d'âme.

Cogito.

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Emery Doligé

Dans la vie vraie.

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