Dans la vie vraie

par emery doligé

Confession d'un homme

Confession d'un homme

Dans la succursale papier du Grand Journal de Canal+, GQ, du mois de juin, l'édito de Emmanuel Poncet est titré : "Regarde les hommes changer". Emmanuel pousse le jeu à assurer qu'on peut être un homme apaisé et heureux dans un monde post-feministe.

J'ai en tête la dérive terrible de l'homme contraint pour se faire comprendre du calvaire qu'il subirait par sa femme, de monter sur une grue. J'ai en mémoire cette note de blog qui expliquait que le coït consenti était un viol. Je constate que la notion de quota est plus importante que celle de compétence. Enfin, je ne saurais dire à quel point je suis toujours triste de constater la haine que certaines femmes peuvent avoir pour les hommes juste parce qu'ils sont nés "homme", et réciproquement.

Né à la libération sexuelle, la place de la femme n'a jamais été à la cuisine dans mon éducation, mais là où elle désirait être. Né après Woodstock, l'homme n'était plus montré comme le grand tout, le grand sachant et l’omnipotent dans mon évolution. Mais lui aussi était là. Plus tard, comme je l'ai raconté à plusieurs reprises sur ce blog, je n'ai eu de cesse de faire en sorte que chacun ait droit à tout et même à l'impensable (...comme l'initiation des femmes au Grand Orient), encore fallait-il en être capable. Et tout le monde n'est pas capable de tout.

L'institut de recherche en sciences sociales, Nova, estime que les divorces sont 50% plus fréquents dans les couples qui partagent les tâches ménagères. L'activité sexuelle serait également réduite. Mais bon, il parait que cet institut est un hoax.

Toujours dans le papier pointé en introduction, un verbatim d'une certaine Stéphanie, me pose question : "Un homme, c'est un fils qui a appris à récupérer ses couilles". C'est tout l'art de tuer son père. J'en connais qui ne l'ont pas encore fait voire qui ne pourront plus le faire. J'ai fait mon office à vingt quatre ans.

Sur twitter, je gazouillais avec Olivier Pourriol sur sa nouvelle tentative dans Technikart (après son livre on/off) d'intéresser Michel Denisot à sa personne. Dans une pirouette, il me répondait avoir déjà un père. Je lui rétorquais que le sujet était pris à l'envers, il faut savoir devenir un fils. C'est tout l'enjeu : être capable d'abolir son illusion d'être pour devenir soi-même. Je suis fils, le nier m'empêcherait d'évoluer. La filiation est un point de départ et un point de retour sans la reconnaissance duquel on ne peut avancer.

Entre une paire de couilles qui doit s'affirmer et l'acceptation de sa filiation, voilà une posture qui comprendrait bien des dérives. Mais ce n'est pas mon cas. J'ai tout accepté depuis longtemps pour mieux m'en éloigner.

Ce qui me pose question est la dérive qui nous fait oublier le Beau pour un résultat. Doit-on sacrifier le Beau pour mieux se servir ? C'est un débat de fond. Et pour aller plus loin, si les hommes de bonne volonté plus nombreux que ceux qui aspirent à la destruction de leur essence, pouvaient prendre le temps du Beau ne serions nous pas mieux ?

Si je continue à pousser les portes de cette note sans but, j'arrive à me demander si ma place est là ou là. Accepter sa filiation, accepter la femme, accepter le Beau, accepter ma paire de couille, tout accepter est-ce devenir ? C'est vrai qu'on nous bassine la tête avec la sacro-sainte nécessité de s'opposer pour devenir. Et si la vraie disruption était le mouvement souple de l'accompagnement qui par touches successives, sans heurs, faisait en sorte de voir naître ce que je suis, un Homme ?

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