Dans la vie vraie

par emery doligé

Discrimination

Cet article est reposté depuis La toile de David Abiker.

Discrimination

Un de mes amis, Martin, marié, brave père de famille, me confie avoir reçu en pleine poire cette réflexion d’une célibataire qu’il draguait gentiment devant le buffet d'une exposition de peinture moderne dans un quartier branché de Bordeaux.

"Désolé mais je ne fricote pas avec les mecs mariés".

Et il me raconte.

"Elle avait pourtant un corps fait pour l’amour, me semblait libérée mais en voyant mon alliance ses yeux se sont plantés dans les miens à la manière d’un procureur qui croise un criminel". Il en avait presque les larmes aux yeux et je le comprends. Car les hommes mariés font l’objet de la part des femmes libres d’une véritable discrimination.

Des actes androphobes de ce type ont été signalés à Lyon, Marseille, Paris et même en province (pardon, il faut dire en région). Si l’on parle couramment des discriminations qui frappent les gens de couleurs, les femmes, les obèses, les handicapés, les gays et les travailleurs à fort accent étranger ou auvergnat celles dont sont victimes les hommes mariés de la part des femmes libres sont encore tabou.

Qu’on explique à cet homme victime de sa différence, qu'on lui explique pourquoi de nombreuses femmes éliminent d’emblée les propositions crapouilleuses des hommes qui portent comme lui une alliance quand les hommes célibataires, sont bien moins regardant quand une femme mariée tente une approche.

Mon ami Martin lève les yeux vers au ciel et me dit en soupirant. « J’ai fait un rêve. J’ai rêvé que l’homme marié pourrait désormais entrer dans un restaurant avec une jeune blonde de 20 ans de moins que lui sans que les regards ne l’accusent et ne stigmatisent sa différence, j’ai eu ce rêve qu’un jour nous autres serions considérés par les femmes seules comme des êtres humains, tout simplement ».

Je le rassure comme je peux. Je lui dis qu’un jour les mentalités évolueront, que les femmes mariées qui ont passé la quarantaine comprennent, elles, et vivent parfois des situations analogues. Je lui promets qu’on parviendra à changer le regard de la société et, des femmes en particulier, sur ce handicap que constitue encore aux yeux de beaucoup l’alliance qui boudine l’annulaire gauche de l’homme moderne.

Des campagnes gouvernementales s’afficheront en 4 par 3 sur les murs et à l’arrière des bus. "Il est marié ? Et alors, c’est d’abord un homme. Acceptez-le avec son épouse et sa différence". Je me dis qu'un jour Najat Vallaud Belkacem recevra une délégation de leur association et le sujet sera posé sur la table.

Oui un jour, la société changera le regard des femmes seules sur l’homme marié. D’ici là, Martin devra lutter contre les discriminations.

Cette chronique a été refusée par la plupart des magazines féminins auxquels je l'ai proposée. C'est peut-être pas plus mal remarque...

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 1

À propos

Emery Doligé

Dans la vie vraie.

Commenter cet article