Dans la vie vraie

par emery doligé

Hier soir

Hier soir

Hier soir, j'étais devant un film. Un peu vers la fin, le père porte son fils sur ses épaules. Un fils de deux ans. J'ai replongé l'espace d'un instant quand ils avaient cet âge. Collés les uns aux autres. Il pouvait y avoir des centaines de mètres carrés, il fallait que nous soyons dans le même. Pas plus loin. Un contact, les uns tout contre les autres. Une question de peau.

Aujourd'hui, ils ont grandi. Ils se calent parfois encore contre moi, mais comme dit l'autre, leur corps change alors ce ne sont plus les mêmes contacts. Ce n'est pas de la distance, c'est une forme de respect. Mon fils, encore un peu, continue de se blottir. Mais lui tenir la main dans la rue, plus jamais. Ma fille, il y a une autre forme de fusion entre nous. Elle est toujours là, mais plus loin.

Nos enfants grandissent et chaque jour qui passe nous devons nous faire violence pour les laisser partir un petit peu plus. Un petit peu plus loin. C'est la loi de la nature, un enfant doit abandonner ses parents pour devenir. Un parent doit l'aider dans ce chemin. Mais putain que c'est dur.

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Emery Doligé

Dans la vie vraie.

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