Dans la vie vraie

par emery doligé

L'invention de nos vies de Karine Tuil. A lire.

L'invention de nos vies de Karine Tuil. A lire.

Il faut rendre à César ce qui appartient à Valérie Toranian, la patronne de Elle. C'est un de ses tweets qui m'a fait revenir en arrière sur ma sélection des livres de la rentrée. Je n'avais pas sélectionné le livre de Karine Tuil, L'invention de nos vies, chez Grasset

En résumé : Sam Tahar semble tout avoir : la puissance et la gloire au barreau de New York, la fortune et la célébrité médiatique, un « beau mariage ». Mais sa réussite repose sur une imposture. Pour se fabriquer une autre identité en Amérique, il a emprunté les origines juives de son meilleur ami Samuel, écrivain raté qui sombre lentement dans une banlieue française sous tension. Vingt ans plus tôt, la sublime Nina était restée par pitié aux côtés du plus faible. Mais si c'était à refaire ?
À mi-vie, ces trois comètes se rencontrent à nouveau, et c'est la déflagration.
« Avec le mensonge on peut aller très loin, mais on ne peut jamais en revenir » dit un proverbe qu'illustre ce roman d'une puissance et d'une habileté hors du commun, où la petite histoire d'un triangle amoureux percute avec violence la grande Histoire de notre dé
but de siècle.

Je n'avais pas gardé un excellent souvenir d'un de ses livres "Tout sur mon frère", pourtant Karine Tuil a réussi à m'embarquer pendant les cinq cents pages de son nouveau livre sur le mensonge, la tentation et la manipulation dans un train d'enfer. Les trois personnages sont complexes à souhait, les situations font toucher du doigt notre propre existence par ces petites cachoteries qui nous entrainent vers de plus grandes. Si les débuts ne sont pas graves, les fins sont impardonnables. Si les petits mensonges sont enfantins, les années les transforment en honte. C'est tout le paradoxe que révèle Karine Tuil. Comme une bonne série de HBO qu'il est inique de couper en épisodes, L'invention de nos vies, doit se lire en continu pour bien sentir monter toute la problématique triangulaire : l'envie, le mensonge, l'espérance. Le style de Karine Tuil accompagne bien l'intrigue même si parfois on a l'impression que des paragraphes entiers ont été rajoutés dans un gonflement par le ventre. Mais je chipote tellement il vaut l'achat, la lecture et la recommandation.

Bonne lecture !

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Emery Doligé

Dans la vie vraie.

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