Dans la vie vraie

par emery doligé

Et si le Grand Journal n'existait plus...

Et si le Grand Journal n'existait plus...

A Canal+, Antoine de Caunes serait en sursis. Le Grand Journal aussi. Et le petit milieu autorisé des gens de la télé se laisse à penser à une autre émission.

Le Before (l'émission juste avant présentée par Thomas Thouroude) cherche son ton et son rythme. Le Petit Journal (l'émission juste après présentée par Yann Barthes) a trouvé son public, son ton, son audience. Et au milieu la vieille dame, là depuis longtemps, avec à ses commandes un homme choisi au dernier moment pour lui donner un bon job en raison des services rendus au groupe.

Les résultats ne sont pas au rendez-vous. L'émission Touche pas à mon poste d'Hanouna sur D8, censée être la petite sœur du Grand Journal, balaye son aînée presque tous les soirs depuis la rentrée.

Comme pour Canal+ avec ses trente ans, Le Grand Journal cherche son second souffle.

Alors, on raye tout et on recommence ?

Il est où le trentenaire ?
Il fait quoi le trentenaire ?
Il aimerait ressembler à quoi le trentenaire ?

Le trentenaire est la cible primaire du Grand Journal.

Hanouna cartonne sur D8 parce qu'il ne prend la tête de personne, son show est autocentré sur ses performances avec des chroniqueurs interchangeables qui sont là pour l'inspirer et le faire respirer. C'est efficace, bien huilé, les jeunes adhèrent et l'imposent à leurs parents. Le cap des deux millions de téléspectateurs se profile, Hanouna sort de sa cible primaire : le jeune.
En face, De Caunes est le passeur de plat, faux show man, avec des interventions qui sont plus calmes et plus posées à mes oreilles, mais je ne suis plus un trentenaire. Il se rêve en David Letterman ou Jimmy Fallon. Mais il ne peut y arriver parce qu'on est en France et en France il n'y a pas d'auteurs ni de répétitions pour les émissions quotidiennes.
Il faut donc imaginer autre chose.

Si le Grand Journal n'existait plus il faudrait le réinventer.

Oui, j'affirme que cette case horaire doit rester un talk show non seulement pour la logique d'abonnement mais aussi pour les annonceurs (...sauf à devenir le HBO à la française, autre modèle économique).

Nous sommes tous revenus de l'UGC (users generated content), cette chimère qui nous a laissé croire que nous étions tous capables de produire du contenu. Nous sommes aussi revenus de l'idée de l'interactivité dans les émissions en direct sauf à la marge et essentiellement en radio.

Chez De Caunes comme chez Denisot en son temps, la modernité était de prendre des talents du web et d'en faire des chroniqueurs. Ce n'est pas Canal+ qui s'est adaptée aux nouveaux comportements, mais les Hommes qui lui ont fait allégeance.

La modernité se cache où ?

Chez Polac !

Polac avait compris que pour faire une bonne émission, il fallait orchestrer le bordel sans contrainte mais avec vigilance entre une succession d'échanges et de happening dans un cadre non orthonormé.

L'émission de Michel Polac passait le soir, rien n'a été tenté à 19h. Un anchorman et des snipers pour animer le bordel et le tour est joué. Pour des raisons de modernité, il faudrait y intégrer les interpellations des internautes.

Polac n'a rien inventé. Il a juste mis à l'antenne le café du commerce et les piliers de bar qui entre deux cahouettes se déchirent avant de boire le verre de l'amitié. Qu'est-ce qu'on attend pour faire simple et proche des gens ?

Et Antoine de Caunes en Polac ? Evidemment, c'est un Frédéric Taddéï gai.

Note écrite en réponse aux interrogations de l'ami Laurent Dupin et ses idées pour remplacer Le Grand Journal, .

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Emery Doligé

Dans la vie vraie.

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