Dans la vie vraie

par emery doligé

Perdre un enfant, cela se dit comment ?

Perdre un enfant, cela se dit comment ?

Dans les réseaux sociaux, j'ai posé cette question : "Orphelin, veuf.... Mais quand un parent perd un enfant, c'est quoi le mot ?".

Et j'ai eu des réponses, nombreuses. Florilège :

Un tsunami émotionnel dont on ne se remet jamais - Il n'y a aucun mot qui puisse exprimer le désespoir, la douleur, le chagrin. Ils perdent tous leur sens lorsque l'on vit cette injustice dévastatrice - le néant... - L'enfer... - il n'y a sans doute pas de terme pour désigner cela, mais Victor Hugo a écrit de très nombreux et de très beaux textes à ce sujet. - Mort vivant - suicide... - Détruit - l'absence de mot est un mot - y a que de la douleur... - amputé - inconsolable - Parent. Car quoi qu'il arrive on reste parent. Et il faut savoir le rester pour les freres et soeurs. - Désespéré... - tristesse et désolation... - Justement…il n'y a pas de mot ! - C'est pas dans l'ordre des choses, même si ça arrive. - dévasté - Brisé. - Déchiré - le pire, amputé, je crois qu'il n'y en a pas...seulement détruit.., il n'y a pas de mot pour ça tant le malheur est grand, l'horreur indicible, je crois que il n'y a pas de mot. Il ne peut pas y en avoir, malheureux, Douleur. ça devrait pas exister ...

Et puis un twittos m'a répondu qu'en hébreu, le mot existait : "Av shakoul". En hébreu, on donne un mot à ce qui n'arrive pas à être en français, en anglais aussi, en allemand, en espagnol,... verbalisé.

Enterrer son enfant. Beaucoup savent ce que c'est soit directement, soit par ricochet. Tout le monde trouve que cela n'est pas dans l'ordre des choses, que c'est une violence ultime, que c'est tellement insupportable que cela peut briser une vie au sens figuré comme au sens réel. Dans certaines religions, le cercueil a une couleur particulière, le blanc. Pour marquer davantage la taille sans doute.

Pourtant, pour cet évènement sans commune mesure, il n'y a pas de mot. Pas de mot pour les maux qui en découlent. Pas de statut qui nous permettrait de ranger notre malheur. Cela renforce l'idée qu'on a le droit d'être orphelin ou veuf mais pas autre chose... et quand on est parent, on le serait pour l'éternité.

Ce n'est pas logique.

La qualité de parent vient avec la naissance et devrait disparaître avec la disparition de l'enfant. A moins que la qualité de parent existe par la naissance uniquement.

Le code civil (cf ) s'attarde plus sur la notion d'autorité parentale plus que sur la qualité de parent qu'on comprend en creux et non en plein pour la dimension qui nous intéresse.

Les religions n'en disent pas plus.

Alors messieurs dames les académiciens et autres penseurs des mots, vous faites entrer des noms de d'jeuns dans le dico, mais pour la perte d'un enfant, on dit quoi ?

Un groupe Facebook sur le sujet : .

Update du 23 août : la suite,.

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