Dans la vie vraie

par emery doligé

Quelle est la limite des contre-pouvoirs ?

Quelle est la limite des contre-pouvoirs ?

La Démocratie selon ses concepteurs, Montesquieu en tête, ne perdure que si des contre-pouvoirs existent. C’est pourquoi les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire sont séparés. Et c’est ainsi, selon le fameux mot de Churchill, que la démocratie est le moins mauvais des régimes.

Depuis que chacun peut l’ouvrir, chacun a créé ses petits pouvoirs. Des associations de toutes sortes, des syndicats de toutes couleurs voire même des corporations font pression pour faire en sorte que leurs intérêts prédominent. C’est tellement devenu un sport national que toutes les décisions sont sujettes à débat et à contestation.

La liberté de contestation et de remise en cause est un état de fait qui ne souffre pas la contestation et la remise en cause. C’est peut être là qu'il y a une limite.

Dans la prise de décision de l’Etat, il y a l’avant prise de décision. Ce moment est mis en scène par les gouvernants pour prendre le pouls et savoir dans quelle direction orienter la communication de la décision afin de ne pas se faire tacler après. C'est la "real communication". Bref, ménager le plus grand nombre pour tenir le plus longtemps au sommet. Ce rodéo décisionnaire fait naître un débat d’avant décision.

Si la méthode est saine, sa systématisation pose question quand on veut faire avancer un groupe, un pays.

S’il est inconvenant de remettre en cause le débat, il faut se poser la question de savoir si le débat amène à une solution ou à une impasse.

Prenez le mariage pour tous : deux lobbys s’affrontent : les pro et les anti. Les pro soutiennent le Gouvernement dans sa démarche. Ils sont moins nombreux dans la rue que les anti. Les sondages donnent indifféremment raison aux anti et aux pro. Le débat a eu lieu, la loi est passée. Chacun a fait son boulot. Réussite du système.

Si on prend maintenant le chômage. Chaque syndicat a sa solution, chaque corporation a sa solution, chaque citoyen à sa solution et tout le monde cause en étant certain d’avoir raison. Tout le monde est d’accord pour faire quelque chose contre le chômage, personne n’est d’accord pour donner raison à l’autre. Alors ça cause et les mois se suivent et se ressemblent, le nombre de demandeurs d’emploi augmente. Échec du système.

Quand le débat est tranché : anti/pro, la société avance.

Quand le débat n’est pas tranché : tout le monde pro, la société n’avance pas.

Pourquoi ?

La raison est simple : quand tout le monde est d’accord personne ne l’est.

Si tout le monde trouve indécent qu’il y ait autant de chômeurs, qui est prêt à lâcher du lest ? Qui est prêt à travailler plus longtemps pour créer de la valeur, donc de la richesse, donc de l’emploi… ou inversement, à travailler moins longtemps, pour laisser de son temps et de son argent à la solidarité du groupe ? Qui est prêt à travailler un jour férié pour donner le fruit de son travail à la collectivité ? Qui est prêt à remettre en cause les ponts du mois de mai où l’on perd 0 ,1% de croissance ? Tout le monde et chacun invite l'autre à commencer en premier...

Alors à défaut de l'utopique idée de l'union nationale, ne faudrait-il pas que sur certains sujets les contre-pouvoirs oublient leur propre intérêt au profit de ceux du plus grand nombre ? Un peu comme les syndicats allemands concernés plus par sauver leur économie que quelques emplois.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Emery Doligé

Dans la vie vraie.

Commenter cet article