Dans la vie vraie

par emery doligé

Confession d'un téléspectateur

Confession d'un téléspectateur

Nous regardons tous la télévision. Sur un téléviseur ou sur un autre écran nous consommons de l'image animée descendante, venant à nous. Les études sont formelles, le temps passé devant les programmes télévisuels progresse. Peu importe les deuxième, troisième, xième écrans...

La télévision est apparue en 1926. Elle est un ensemble de techniques destinées à émettre et recevoir des séquences audiovisuelles appelées émissions, films voire publicité. Le contenu de ces programmes peut être décrit selon des procédés analogiques ou numériques tandis que leur transmission peut se faire par ondes radioélectriques ou par réseau câblé. La télévision au sens large est ce que nous regardons au travers d'un écran.

Aujourd'hui, elle se développe en de multiples thématiques ayant des cibles différentes telles que les jeunes, les vieux, les femmes..., mais il reste le sacro-saint événement qui réunit grands et petits devant la chaîne hertzienne qui a décroché l'événement. Oui, la chaine hertzienne.

L'offre est donc colossale.

Comment je m'y retrouve dans tout ça ?

Techniquement, les guides de programmes de télévision rivalisent d'astuces pour me faire consommer leur ligne. De même, des petits malins, comme MixoTv, ont développé des applications pour vous aider à mieux choisir en fonction de vos goûts ou que-sais-je-encore... Tout le 2.0 essaye de nous donner les clés pour que nous téléspectateurs soyons notre propre Directeur des Programmes. Je me souviens d'ailleurs, quand je développais Vodeo.tv, avoir soutenu l'idée auprès des investisseurs que demain tous les internautes seraient des directeurs de programme.

C'était en 2004.

Il y a neuf ans.

Aujourd'hui, je ne suis plus aussi certain.

J'ai trop de choix : le programme du jour m'offre une pléthore d'options, le replay aussi et si vraiment je ne trouve pas mon bonheur, j'ai toujours l'option VOD ou télécharger sur un store quelconque. Bref, tous les soirs, la technologie m'offre beaucoup de contenus. Trop même.

Et humainement ?

Comment est-ce que je vis ma relation à la télévision ?

Comment la technologie remplit-elle son seul office : être au service de ce qui a un sens pour moi ? Est-ce qu'avoir autant de chaines de télévision a un sens pour moi ?

Et si on met en perspective la progression du temps passé, quelques minutes de plus chaque année, avec le nombre de création des chaines de télévision... y'a pas un truc qui vous choque ? Moi, si : l'augmentation du temps passé est ridicule par rapport à l'offre de programmes... il va donc se passer une chose simple : la fermeture de certaines chaines. En plus, en parallèle, progresse le temps passé sur le web. Je risque de vomir avec tout ce contenu.

Mais ce n'est pas tout.

Ma vie de téléspectateur a été modifiée par les réseaux sociaux. La technologie permet de me faire croire aujourd'hui que je participe via mes tweets à des émissions comme Mots Croisés, La nouvelle star ou que sais-je encore... Comme au café du commerce. C'est bon d'être au café du commerce, les phrases que je dis seul devant ma télévision, maintenant, je peux les balancer à tous. Cela me fait croire que je suis un téléspectateur 2.0. Pourtant, cela ne change pas ma vie. Comme le café du commerce.

Le téléspectateur 2.0 serait selon les plus sérieux publicitaires un nouveau consommateur. Je ne le crois toujours pas. Quand je prends mon cas, celui d'enfants qui m'entourent, celui des gens que je vois, je me rends compte que nous ne changeons pas pour autant notre consommation de télévision. Nous choisissons là où le plus grand nombre va comme centre d'inertie de nos choix audiovisuels : soit nous participons avec la masse, soit nous snobons la masse.

Alors, si je ne peux qu'encourager la création de nouveaux contenus, l'émergence de nouveaux talents voire la Culture audiovisuelle au sens large, le téléspectateur que je suis est toujours la victime d'une théorie incontournable, celle des vingt quatre heures.

Une journée dure vingt quatre heures et tout est en concurrence avec tout : la télévision avec la radio, la radio avec la famille, la famille avec les amis, les amis avec le sport etc... etc... Bref, nous sommes en permanence en train de faire des choix et l'obésité audiovisuelle n'y changera rien.

En conclusion, si dans la forme je ne suis plus le même téléspectateur, dans le fond, j'ai toujours les mêmes réflexes, alors tant que vous ne l'aurez pas compris, je n'irais pas là où vous souhaitez m'embarquer.

Autre confession : Confession d'un influenceur.

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Emery Doligé

Dans la vie vraie.

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