Dans la vie vraie

par emery doligé

Je vais finir par voter blanc.

Je vais finir par voter blanc.

J'ai toujours considéré le vote plus que comme un droit mais comme un devoir. Nous avons le bonheur de vivre dans une démocratie où on peut tout dire, tout faire, tout penser, tout montrer... tant que l'on n'atteint pas un sommet critique. Ce sommet n'est pas la loi, mais ce qu'on considère comme dépassant trop son cadre. Contrairement à d'autres pays, nous vivons libres en France.

J'ai voté souvent à droite (centre compris), parfois à gauche. Jamais aux extrêmes, ces partis ne veulent pas notre bien mais le leur et si possible avec beaucoup de zéro avant la virgule. Les autres partis veulent le bien d'une partie de la population au détriment d'une autre. Classique.

J'ai aidé des politiques de tous les bords à faire avancer leurs idées, à faire savoir ce qu'ils voulaient pour leur pays, leur département, leur ville ou à se faire connaître sous un jour flatteur.

Je peux donc affirmer que le monde politique ne m'est pas étranger, loin de là.

Aujourd'hui, je suis fatigué de leur inconstance, de leur vision de la vie, de leurs jérémiades, de leurs petits arrangements entre amis, de leurs certitudes qu'ils sont ceux qu'on attend pour faire avancer les choses. Les politiques sont devenus avec le temps des bêtes de communication, ils savent angler différemment la même idée que leur voisin tels des journalistes, ils savent investir le champ de la communication populaire via les réseaux sociaux, ils savent trouver des postures pour devenir un bon client médiatique. Tout cela ils savent le faire à merveille.

En revanche, ils ne savent pas changer ma vie. Ils ne savent pas mettre en œuvre les moyens pour que je puisse faire ceci ou cela, ils ne savent pas construire et bâtir une cité sans inégalité flagrante, ils ne savent pas faire fi des groupes pour améliorer le quotidien des gens. Et aujourd'hui comme demain, j'ai peur qu'ils ne changent pas.

Et je vais laisser quoi à mes enfants ?

Cette situation est de notre faute, la mienne en tête.

Oui, de notre faute. Nous avons suivi, voté, acquiescé à tout depuis tellement longtemps que tels des moutons qui vont à l'étable nous suivons celui qui fera le plus de bruit. Et comme nous avons la bougeotte, nous changeons d'étable à chaque fois.

L'enjeu est donc le changement global. Pas le changement révolutionnaire des extrêmes, ni celui qu'on nous a vendu pour "maintenant", non... le changement sur le fond. Pour cela, il faudrait que ceux qu'on n'écoute pas assez, alors qu'ils font tous les jours des petites choses pour changer le quotidien, aient la parole. Nous sommes à un moment où ceux qui font doivent prendre le pas sur ceux qui parlent. Aujourd'hui, ceux qui parlent sont dans la justification de ce qu'ils ont dit pour rajouter une couche de mascara sur leur image. Foutaise donc.

Je n'ai pas encore la solution, mais je travaille à l'idée - à mon échelle - qu'il faut bâtir une autre voie qui montre autre chose. Par exemple, ce que nous faisons dans le cadre de TEDx est un bon début, mais nous devons aller plus loin. Ce qui est fait aussi dans certaines associations qui, sans bruit, font avancer les choses, comme Passerelle et compétences, sont des terrains où l'humanité est prise en compte.

En somme, réapprenons à ceux qui veulent nous représenter les goûts de la générosité et de l'effort et votons pour ceux qui le démontrent sans tapage.

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Emery Doligé

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