Dans la vie vraie

par emery doligé

Ce que Xavier Niel a oublié de préciser pour 42...

Ce que Xavier Niel a oublié de préciser pour 42...

Quel coup de com' !...

Xavier Niel a lancé une école gratuite, 42, la semaine dernière. Les journalistes et les freenautes étaient au rendez-vous et ont relayé l'information. 42, une école pour l'innovation via l'informatique payée par Xavier Niel. En matière de communication, on ne peut rien dire, Xavier Niel n'a rien à apprendre. Après le Monde, il poursuit sa quête de sociabilisation et de notoriété. Et cerise sur le gâteau, il écorche l'Education Nationale française qui aux yeux des plus jeunes n'aident pas à sortir des banlieues. Xavier Niel a donc bien joué.

Bon, on reprend.

D'abord la vidéo de la conférence de presse :

Ensuite, la concurrence a réagi à cette ouverture.

Le Groupe Ionis a publié un communiqué de presse :

IONIS Education Group et ses écoles EPITA, Epitech, ETNA, SUP'Internet et Web@cademie saluent l'initiative présentée ce jour par Xavier Niel, la formation 42.

Le domaine du numérique et des nouvelles technologies manque cruellement de nouveaux talents. IONIS Education Group s'inscrit dans cette problématique depuis près de 20 ans avec la reprise de l'EPITA en 1994, la création d'Epitech en 1999, la création de l'ETNA en 2004, la création avec ZUPdeCO de Web@cademie en 2010, la création de SUP'Internet en 2011 et l'annonce en février 2013 de la Prep'ETNA, formation post-bac en deux ans, gratuite et solidaire, ouverte à 250 jeunes sur critères académiques et sociaux.

L'initiative annoncée aujourd'hui et son financement par le mécénat de Xavier Niel, confirme l'importance que les NTIC doivent prendre dans l'enseignement supérieur. Nous sommes heureux de constater que les principes fondamentaux de cette formation ont été créés et mis en place au sein de l'EPITA et d'Epitech depuis très longtemps et qu'ils sont repris dans ce projet, reconnaissance de la modernité pédagogique de nos écoles :

• la « piscine »,
• le campus ouvert 24h/24, 7j/7,
• la pédagogie innovante par projet,
• l'esprit d'entreprendre et d'innover avec les Epitech Innovative Projects, projets de fin d'études menant, en plus de la création d'innovation, à de nombreuses créations d'entreprise,
• l'enseignement « pair-à-pair » avec l'encadrement des étudiants par des étudiants,
• des espaces et des projets collaboratifs,
• le recrutement sur des critères académiques mais surtout de personnalités avec le désir d'innover,
• des bourses et des systèmes de financement novateurs, dont la gratuité de certaines scolarités,
• des formations adaptées aux profils sortis du système (Web@cademie).

Pour Fabrice Bardèche, vice-président exécutif de IONIS Education Group :
« Nous sommes ravis de découvrir cette belle initiative. Nous voulons ainsi rappeler que les innovations présentées sont en place dans nos écoles depuis de nombreuses années. Nous souhaitons une belle réussite à Nicolas Sadirac (EPITA promo 1992), Kwame Yamgnane (EPITA promo 2001) et Florian Bucher (Epitech promo 2006) dans cette aventure capitalistique qu'ils abordent avec le beau et solide bagage acquis dans nos écoles, en tant qu'étudiants puis cadres. »

Ionis Group

Mais ce n'est pas tout.

L’intervention du fondateur d’EPITA, Patrice Dumoucel, reprise sur itespresso, est riche d'enseignement aussi. La rumeur veut aussi qu’on ait gentiment demandé à Patrice Dumoucel de ne plus répondre aux journalistes et de quitter les lieux, si quelqu'un peut confirmer ou infirmer la chose...

Toujours dans le domaine de l'enseignement, Xaviel Niel est le cofondateur de l'EEMI, une école privée spécialisée dans les métiers de l'internet considérée comme l'une des plus chères du marché. Quand il répond à 48:38 « y a un quelque chose qui me parait scandaleux, toujours. A partir du moment où l’école, la formation, devient un business, ça marche plus.». Je ne sais pas ce qu'il faut comprendre : un aveu d'échec ? Pourquoi ne met-il pas tout en oeuvre pour réussir l'EEMI ? Pourquoi courir un autre lièvre ?

Ensuite, d'un point de vue financier, Xavier Niel annonce que c'est sa fondation qui va investir dans 42. Ce n'est donc pas lui mais un système permettant la défiscalisation. Il donc loin de faire un cadeau « à la France ». Il va même bénéficier de réductions d’impôts et donc pas mal de contribution collective du contribuable. Oui, nos impôts vont payer 42.

Également, investir 50-70 millions sur 10 ans pour 3000 étudiants par an revient à un coût moyen inférieur aux autres écoles du même secteur. Ce n'est pas forcément mauvais signe mais il faudra m'expliquer comment 42 y parvient.

Enfin, 42 veut faire de ses étudiants des entrepreneurs des nouvelles technologies. Le problème est que 42 ne va former que des « codeux ». Quelle est l'ouverture vers le reste du monde ?

Et pour finir, une question de fond : est-ce que l’éducation, c’est la sélection naturelle ? C’est-à-dire garder que les meilleurs pour les rendre encore meilleurs. Ou est-ce que l’éducation doit servir à élever l’étudiant ?

Voilà.

42 pose beaucoup de questions, j'espère que Xavier Niel ne nous a pas fait un nouvel écran de fumée.

Lire aussi :

- A quoi sert 42 ? par Olivier Ezratty

- 42.fr, nous avons passer le test.

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Emery Doligé

Dans la vie vraie.

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