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Publié par Élise Maréchal-Ducreux

Rondinaud liquidation judiciaire et renaissance du savoir-faire charentais

Retour sur la liquidation judiciaire de Rondinaud, l'impact familial et industriel, et la relance du savoir-faire charentais à travers L’Atelier Charentaise.

6 décembre 2025

Charentaise cousue-retournee Rondinaud liquidation atelier artisanal
Charentaise cousue-retournee Rondinaud liquidation atelier artisanal

La saga Rondinaud liquidation réveille aussi bien la nostalgie du cousu-retourné que le désir de bousculer les idées reçues sur le made in France – entre histoires de famille au climat presque romanesque, lutte contre l’importation à bas coût et efforts pour préserver un patrimoine local menacé, il devient vite clair que la charentaise cousue avec passion n’est pas qu’une simple pantoufle. C’est véritablement un concentré de savoir-faire hexagonal et de rebond créatif preuve tangible que les traditions survivent tant qu’on les porte haut.

Rondinaud liquidation : comprendre les causes, la succession et la survie du savoir-faire charentais

Il vaut la peine de démeler l’affaire “Rondinaud liquidation”: la fameuse charentaise a bien failli tirer sa réverence en 2019, bousculée par un cocktail dévastateur de mondialisation, pressions commerciales et succession familiale agitée. On constate régulièrement, derrière ce revers industriel, que le fil du savoir-faire charentais ne s’est pas totalement rompu… et la pantoufle emblématique s’est taillée une place plus confidentielle, mais n’a pas cessé d’exister.

Pour finir : La Manufacture Charentaise, issue du clan Rondinaud, a été mise en liquidation judiciaire en 2019 à la suite d’une fusion compliquée entre quatre ateliers sous le joug d’une concurrence étrangère vraiment agressive et d’un échec à faire passer le flambeau familial. L’offre d’Olivier Rondinaud, héritier de la maison, a finalement été rejetée au profit de Renaud Dutreil (ancien ministre), qui relance une production locale et partiellement sauvegardée via L’Atelier Charentaise. Mais avec un effectif passé de 1 250 à 18 personnes et une production divisée par 70, cette transformation demeure radicale ; aujourd’hui, la charentaise made in France n’intéresse qu’un marché de niche très restreint.

Retour sur la liquidation judiciaire de Rondinaud

Cette succession artisanale, devenue au fil de deux décennies un exemple de crise industrielle, interroge: comment passer de 1 250 salariés à une micro-équipe d’irréductibles passionnés ? La chute de Rondinaud illustre le dilemme auquel font face de nombreux ateliers locaux. À titre d’exemple marquant : 40 000 paires/jour dans les années 1970, contre à peine 600 paires aujourd’hui. On croise parfois d’anciens employés qui racontent les changements avec un brin de nostalgie, preuve que la transformation touche autant les gens que le produit lui-même.

Chronologie d’une débâcle annoncée

Au cœur de la liquidation de 2019, se trouve une vraie aventure jalonnée de rebondissements. Voici ce qu’on peut retenir pour mieux cerner les enjeux :

  • Dans les années 2000, arrivée fracassante de la concurrence asiatique: lorsque la Chine intègre l’OMC en 2005, les chaussons importés débordent les rayons, main-d’œuvre 10 fois moins chère à la clef.
  • Les années 2010 voient les hypermarchés tirer les prix vers le bas, rendant la fabrication locale quasi impossible à rentabiliser  scénario que de nombreux artisans français connaissent.
  • En 2018, fusion sous la bannière “Manufacture Charentaise” (Rondinaud, Degorce, Ferrand, Laubuge). Pourtant, ce regroupement ne suffit pas à endiguer la vague concurrentielle.
  • En février 2019, redressement judiciaire : astreinte de 30 000 €/jour et 104 salariés en situation précaire.
  • Avril 2019 : liquidation confirmée. L’appel familial d’Olivier Rondinaud est refusé, actifs vendus aux enchères pour 680 000 € bien loin de la valeur patrimoniale réelle.

La revente de 100 000 paires à un déstockeur marque la fin d’une époque : la région perd, impuissante, plus d’un siècle d’expérience artisanale. Une ancienne ouvrière confiait récemment à une journaliste locale qu’il arrivait de terminer 75 charentaises par jour, tandis qu’aujourd’hui, la production s’étire à peine sur quelques centaines.

Procédure judiciaire et tensions familiales

La succession a été tout sauf une simple transmission, virant au conflit juridique. Les astreintes élevées, les surcoûts sociaux, et le paradoxe de voir Olivier Rondinaud, héritier “naturel”, privé de rachat des machines et locaux, témoignent d’une réalité plus complexe que le simple passage de flambeau.

Pourquoi cette mosaïque de difficultés ? La justice a considéré qu’une relance familiale comportait le risque d’une reproduction des erreurs passées, tandis que la proposition de Dutreil/Osiris promettait une vision renouvelée du secteur. À la clef : rupture nette avec la tradition, au moins sur le plan institutionnel. Une formatrice en transmission artisanale évoquait, à propos de cas similaires, que ce genre de “cassure” bouscule durablement le tissu local et l’exemple Rondinaud en dit long.

Transmission artisanale et enjeux patrimoniaux

Au centre de la saga Rondinaud : un savoir-faire récompensé par le label IGP, une méthode cousu-retourné jalousement transmise, et une fierté régionale devenue presque légendaire auprès des passionnés d’artisanat. Mais quand la mondialisation frappe, comment faire pour que ce patrimoine survive ? On constate souvent dans les petites villes charentaises que la passion circule toujours parmi les jeunes générations, même si les occasions de transmission directe se raréfient.

L’art du cousu-retourné, ou la pantoufle comme objet d’art

Qui connaît encore la “charentaise cousue-retournée” ? Ce procédé, reconnu par le label IGP (Indication Géographique Protégée), demande de monter le chausson entièrement à l’envers avant de le retourner façon crêpe. Résultat : souplesse et robustesse hors du commun. Autrement dit, la plupart des charentaises en grande surface ne recourent qu’à un collage sommaire… régulièrement pratiqué bien loin des ateliers charentais historiques.

Point frappant : moins de 5 % des charentaises distribuées en France obtiennent ce fameux label IGP. Véritable discrétion sur le marché, réservée aux connaisseurs et amateurs des belles finitions. Un spécialiste régional partageait que certains clients effectuent plusieurs kilomètres juste pour acquérir une paire labellisée.

Un patrimoine en sursis : familles et ouvriers témoins

Si vous échangez un jour avec un ancien salarié de Rondinaud, le sujet prend vite une tournure émotive : certains décrivent, la gorge serree, leur quotidien à l’usine “Avec 1 250 personnes à Saint-Bonnet, c’était toute une famille, une vraie aventure…” Ces trajectoires personnelles, et la somme de petits gestes disparus, illustrent l’effacement du marché authentique au profit du low-cost.

Quand la “capacité industrielle” plonge vers une microproduction (seulement 18 salariés chez L’Atelier Charentaise désormais), c’est tout le tissu social local qui évolue. Entre fierté d’avoir résisté et amertume face au déclin, l’émotion est palpable. Un professionnel du secteur estimait l’an passé qu’il faut probablement trois générations pour reconstruire l’écosystème charentais… Est-ce vraiment possible à ce rythme ?

Reprise, relance et perspectives : L’Atelier Charentaise et le rebond post-liquidation

La charentaise aurait pu tomber dans l’oubli… mais contre toute attente, le mythe s’accroche, remis au goût du jour mais sans renier ses racines. Derrière la tentative infructueuse de reprise familiale, la relance – plus humble mais résolue – s’opère depuis 2020 autour de l’équipe Dutreil et “L’Atelier Charentaise”.

Capacité de production et réalité économique

À ce jour, L’Atelier Charentaise assure une production annuelle d’environ 140 000 paires, pour seulement 18 salariés la ou Rondinaud employait 1 250 personnes. Une vraie leçon d’adaptation… La gamme se resserre, mais le geste d’origine demeure au centre. Il arrive qu’un ouvrier nouvellement recruté s’étonne de la minutie requise : une différence abyssale avec les productions industrielles.

Sur le plan international, l’export reste marginal : à peine 5 % du chiffre d’affaires, même si l’épisode au MOMA (1 200 paires expédiées à New York) a apporté un petit coup de projecteur à l’artisanat français. C’est aussi pourquoi l’image haut de gamme prime désormais sur la quantité.

Comparatif : made in France vs importation, critères à surveiller

Devant une multitude de “fausses charentaises”, comment distinguer l’authenticité ? On recommande généralement de vérifier :

  • La présence du label IGP, garantissant fabrication régionale et contrôle qualité  critère numéro un pour s’assurer de l’origine.
  • Le tarif : une vraie charentaise française oscille entre 45 € et 70 €. Prix bas, prudence de mise…
  • Le circuit de distribution : privilégier les points de vente spécialisés (environ 500 encore aujourd’hui) ou l’achat en direct auprès des fabricants charentais.
  • Des finitions visibles (coutures nettes, semelles rigides, laine locale), qui sont autant de signes de travail artisanal.

Ce segment “haut de gamme” cible désormais quelques milliers d’acheteurs avertis, loin des millions d’unités écoulées dans les grandes chaînes. Un gérant de boutique charentaise rapportait récemment qu’il reçoit des demandes d’acheteurs anglais et suisses à la recherche de modèles cousu-retourné preuve que le prestige ne connaît pas de frontières.

FAQ – Où trouver la vraie charentaise, qu’est-ce qui a changé après liquidation ?

Envie d’y voir clair entre labels, nouveaux acteurs et abondance d’offres sur le marché ? Voici des réponses assez nettes pour éviter les discours trop ambigus :

Qui a repris Rondinaud après la liquidation ?

Conséquence du rejet de l’offre familiale, la marque a été reprise par Renaud Dutreil et Osiris Partners, désormais à la tête de “Atelier Charentaise”. À noter : seule une partie du savoir-faire d’origine a pu etre préservée.

Où sont fabriquées les charentaises Rondinaud aujourd’hui ?

La fabrication se poursuit en Charente, mais avec un collectif réduit à 18 salariés et un atelier de 680 m² (ancienne usine : 18 000 m²). La capacité tourne actuellement autour de 600 paires/jour.

Comment repérer une vraie charentaise made in France ?

Le plus avisé reste de rechercher la mention “IGP” et “cousu-retourné”, de miser sur les distributeurs officiels et de se méfier des prix trop séduisants.

Quel avenir pour la charentaise made in France ?

Le secteur reste à surveiller de près rareté assumée, niche qualitative renforcée, et un réseau de quelques boutiques emblématiques (cinq adresses principales en Charente) désormais vecteur de tradition locale bien plus que d’industrialisation massive.

Ancien modèle Après liquidation
1 250 salariés – 40 000 paires/jour 18 salariés – 600 paires/jour
Usine de 18 000 m² Atelier de 680 m²
132 ans d’histoire ininterrompue Reprise partielle, production de niche
Plusieurs centaines de points de vente Principalement 500 boutiques certifiées

Bloc En savoir plus et abonnements

Vous partagez une passion pour le made in France, vous suivez la saga Rondinaud ou souhaitez simplement soutenir les artisans locaux? À ce moment-là, mieux vaut vous abonner à la newsletter sectorielle, télécharger la fiche entreprise mise à jour pour suivre la transformation du marché, ou encore vous rendre sur le site d’Atelier Charentaise rien de tel pour accompagner l’artisanat charentais vers la renaissance !

En aparté : pourquoi la saga Rondinaud n’est pas qu’un cas isolé…

La liquidation Rondinaud offre également une perspective éclairante sur toutes les entreprises familiales profondément ancrées dans le terroir : transmission à garantir, innovation à manier avec tact, clientèles à réadapter… et authenticité à préserver en toute circonstance. Dernier point à noter : sauvegarder le made in France ne se fait pas d’un seul geste la vigilance collective s’impose, et parfois, un brin d’insolence créative aide à réinventer l’héritage sans le dénaturer.

Mis à jour le 6 décembre 2025

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Élise Maréchal-Ducreux

Passionnée par le marketing et la narration, je partage ici mes analyses et conseils pour réinventer vos stratégies de marque.

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