FileZilla s’est imposé comme la valeur sûre des transferts FTP dans le digital professionnel. Pour quiconque administre un site web, gère des assets volumineux ou doit garantir la confidentialité des échanges, la question du bon outil s’invite rapidement. Si vous visez une interface accessible, des options avancées, une sécurité éprouvée ainsi que l’absence d’enfermement propriétaire, cet article clarifie ce que FileZilla apporte réellement, là où il pêche encore, et pourquoi il reste un choix opérationnel pertinent malgré la concurrence agressive sur le segment FTP/cloud.
Sommaire
Présentation critique de FileZilla

FileZilla ne brigue ni le statut d’outil à la mode, ni celui de solution miracle. Il convainc sur des terrains concrets : gratuité réelle (open-source), prise en main rapide, robustesse des transferts, sécurité personnalisable. Un compromis apparent entre nerds du web et profils cherchant simplement à « envoyer un dossier sans souci ».
FileZilla prend en charge les transferts FTP mais va plus loin grâce à la possibilité de transférer des fichiers SSH-SFTP (voir notre explication sur SFTP). Les options FTPS/SFTP rendent l’outil crédible pour des entreprises et freelances qui n’envisagent pas de laisser traîner des données sur un tunnel non-chiffré.
L’outil tire parti : de la reprise automatique des transferts (en pleine coupure la nuit sur un hotspot public : on remercie FileZilla de reprendre « au bon endroit », voir notre décryptage transfert volumineux), de la gestion efficace d’une file de jobs, de l’édition de fichiers à distance et de la recherche ciblée sur serveurs (« où est ce CSV planqué sur la prod ? »). Ces points sont loin d’être anecdotiques quand l’efficacité prime sur l’effet vitrine.
Fonctionnalités pratiques et adaptabilité
- Interface à double panneau : navigation synchrone local/distant, édition directe de scripts ou configs.
- Multitâche : procéder à plusieurs transferts simultanément, très utile quand chaque site, chaque dossier compte une quantité industrielle de médias/contextes à synchroniser.
- Recherche de fichiers à distance : exécutez un scan serveur sans tout rapatrier localement, évite le « curseur dans la cave ».
- Optimisé pour les fichiers lourds : segmentation des envois, reprise intégrée, taux d’échec très bas (voir transfert rapide gros fichiers).
Sécurité : SFTP, FTPS et VPN

À rebours des vieux clients FTP qui laissent tout passer en clair, FileZilla assume de sécuriser les flux, y compris lors de l’utilisation combinée avec un VPN (voir notre dossier VPN & FTP). Le choix entre SFTP (chiffrement SSH) ou FTPS (SSL/TLS, bien vu en entreprise) permet d’ajuster la sécurité selon vos contraintes.
La gestion des clés SSH, l’authentification stricte, la reprise automatique limitent réellement l’exposition et le risque opérationnel, notamment sur les tâches de backup ou migration.
FileZilla : Gratuit vs Pro et le marché du cloud
Pourquoi payer pour la version Pro ? Pour la majorité, la version « gratuite » suffit amplement au pilotage de sites, sauvegardes web et transferts classiques. Dès lors que l’hybridation local/cloud s’invite (OneDrive, GDrive, S3, Dropbox…), la prise en charge de OneDrive, Google Drive, DropBox et Amazon S3 depuis l’interface FileZilla Pro évite d’empiler les outils et plugins, ce qui intéresse agences, studios, ou équipes multi-projets.
FileZilla Pro fait le job sans prétendre rivaliser avec du cloud natif intégral ni du workflow automatisé avancé, mais permet la synchronisation/déport de flux sur des environnements distants simplement, ce qui manque cruellement à la version gratuite au-delà du FTP/SFTP natif. On y gagne sur la mutualisation des procédures internes, perte de temps en moins.
Expérience utilisateur et accessibilité
L’esthétique FileZilla ne séduira pas un UX designer en quête d’interface responsive futuriste. Pourtant, l’arborescence claire, la prise en main immédiate, la stabilité « où que l’on soit » (PC du bureau, Mac à la maison, Linux serveur en backup) en font un outil que les équipes gardent d’abord pour sa fiabilité.
Le paramétrage n’impose pas de diplôme de réseau : tout est accessible directement, depuis la création de profils serveur jusqu’à l’ajustement des limites de connexion ou de bande passante. Ici, pas de verrouillage propriétaire, le format open-source favorise une évolution régulière dictée par la communauté technique et les pain points signalés sur le terrain.
Limites et contournements : l’avis terrain
- Pas de VPN natif : on doit activer séparément son tunnel (pas insurmontable mais des outils pro intègrent ça nativement).
- Pas de cloud natif sur la version gratuite : dès que le workflow s’appuie sur le multi-cloud, un passage à la version Pro, ou une bidouille (rclone, scripts externes) s’impose.
- Design figé : certains profils créa ou marketeurs regretteront l’aspect « outil métier à l’ancienne ».
- Automatisation manuelle : pour des besoins sophistiqués en synchronisation régulière, d’autres outils ou scripts seront nécessaires.
Comparatifs et alternatives : tableau synthétique
| Critère | FileZilla | WinSCP | Cyberduck | Transmit |
|---|---|---|---|---|
| Systèmes | Windows/macOS/Linux | Windows uniquement | Windows/macOS | macOS uniquement |
| FTP(S)/SFTP | Oui (gratuit) | Oui | Oui | Oui |
| Gestion cloud | Oui (Pro) | Non | Oui (base) | Oui |
| Prix d’entrée | 0 €/Payant (Pro cloud) | 0 € | Base gratuite, options payantes | Version unique, payante |
| Pour qui ? | Webmasters, dev, TPE-PME, freelance | Pro Windows, taches automatisées | Designers, cloud natif | Pro Mac, équipes créa exigeantes |
Guide opératif : comment démarrer vite et sans galère
- Téléchargez FileZilla sur le site officiel.
- Renseignez hôte/user/port (différenciez FTP 21, SFTP 22).
- Exploitez la file d’attente pour fiabiliser transferts, évitez « upload par upload » (voir la file et la reprise automatique).
- Configurer l’éditeur externe (Notepad++ ou BBEdit), utile pour modifier un conf ou une page sans rapatrier dix fichiers.
- Activez les logs et la recherche à distance pour gagner du temps sur vos audits (voir notre focus recherche distante).
Pour pousser plus loin et comprendre chaque fonctionnalité :
- Sécuriser FileZilla avec un VPN
- Connexion cloud (Pro)
- Support SFTP
- Recherche distante
- Transfert multiples
- Édition distante
- Optimisation transferts lourds
À retenir : pourquoi FileZilla reste en tête, même en 2024 ?
FileZilla conserve une pertinence étonnante pour la majorité des professionnels du web et du digital qui cherchent une solution mature pour les transferts de fichiers, sans marketing inutile ni gadget. Son modèle open-source, couplé à la robustesse et sa large communauté d’utilisateurs, préserve un équilibre entre efficacité éprouvée et adaptation aux vrais besoins métier.
Pour ceux qui accusent le design d’être un frein, ou regrettent le cloisonnement du cloud, le panorama concurrentiel propose des alternatives crédibles mais rarement aussi accessibles gratis et multiplateformes.
Vous utilisez FileZilla ou vous cherchez mieux ? Quels arbitrages feriez-vous ? Donnez votre retour terrain et vos exemples précis en commentaire, cela nourrit la discussion pour tous les professionnels du secteur.
Apprécié cet article ? Partagez-le auprès de votre réseau pour faire circuler un point de vue nuancé sur les outils vraiment utiles au quotidien.
Et pour aller plus loin : quels usages connexes ou quelles intégrations métier seriez-vous curieux d’explorer ? Vos suggestions d’Europe ou d’Afrique sont aussi bienvenues pour ouvrir la vision.
Sources : documentation FileZilla (filezilla-project.org), comparatifs G2, Capterra, référence presse (ZDNet, TechRadar).
Article écrit par Jean Dort, consultant indépendant digital, spécialiste des plateformes et flux FTP/cloud. Texte actualisé le 21 juin 2024.
Mis à jour le 3 février 2026