Se rendre à l’hôpital pour voir un proche malade devrait être un moment de soutien et d’humanité. Pourtant, pour de nombreuses familles en France, c’est aussi une source d’angoisse financière. Les frais de stationnement des hôpitaux, parfois exorbitants, pèsent lourdement sur les budgets des patients et de leurs proches. Une situation jugée « scandaleuse » par de nombreux élus et citoyens, qui interpellent aujourd’hui le gouvernement.
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Des familles contraintes de payer des sommes astronomiques
Imaginez devoir choisir entre voir un proche hospitalisé ou préserver votre budget. C’est la réalité à laquelle sont confrontées de nombreuses familles. À Nancy, une femme qui parcourt 200 km par jour pour rendre visite à sa mère en soins palliatifs doit payer 300 euros par mois de parking. « C’est un véritable racket », dénonce un proche, révolté par la situation.
Et ce n’est pas un cas isolé. À Bordeaux, Le Mans, Saint-Étienne ou Brest, la colère gronde. Les témoignages affluent sur les réseaux sociaux et dans les médias. Des patients en chimiothérapie, des parents d’enfants hospitalisés pendant des mois, des conjoints venus accompagner leur moitié en rééducation… Tous doivent payer des frais de stationnement qui, cumulés, atteignent des montants délirants. Une double peine pour ces familles déjà éprouvées.
Pourquoi ces tarifs atteignent-ils des sommets ?
La plupart des parkings hospitaliers sont gérés par des entreprises privées. Dans certaines villes, ces prestataires appliquent des tarifs dignes des centres-villes les plus chers. Il n’est pas rare de voir des prix dépasser 20 euros la journée, et certains hôpitaux ne proposent aucune solution de stationnement à tarif réduit pour les visiteurs réguliers.
Officiellement, ces prix sont justifiés par la nécessité d’entretenir les parkings et de financer des services annexes. Mais en réalité, peu de patients comprennent pourquoi il faut payer autant pour se garer quelques heures auprès d’un proche malade.
Des hôpitaux proposent déjà des alternatives
Face à cette situation, certains établissements ont pris les devants. À Lille, par exemple, un tarif spécial est appliqué : 3 euros la journée pour les hospitalisations longues et 5 euros la semaine après 15 jours de présence. Un geste apprécié, mais encore trop rare.
Dans d’autres villes, quelques initiatives locales voient le jour, comme des parkings gratuits pour les familles de patients en soins palliatifs ou en longue hospitalisation. Mais ces mesures restent disparates et insuffisantes face à l’ampleur du problème.
Le gouvernement promet d’agir, mais quand ?
Interpellé à l’Assemblée nationale, le ministre de la Santé, Yannick Neuder, a annoncé vouloir encadrer ces tarifs. Il souhaite notamment que « dans certaines conditions, sur des maladies longues, il y ait une prise en charge de cette nécessité d’avoir les proches au chevet des patients ». Une déclaration qui a soulagé certains, mais qui reste floue et sans calendrier précis.
Une chose est sûre : la pression monte. Les élus locaux, les associations de patients et de nombreux citoyens réclament des mesures concrètes, et vite. Une réglementation nationale des tarifs de stationnement hospitalier pourrait être une première étape. Mais en attendant, des milliers de familles continuent de payer le prix fort pour un simple droit de présence auprès de leurs proches.
Et vous, combien payez-vous pour vous garer à l’hôpital ? Cette question, qui devrait être anecdotique, est aujourd’hui un véritable enjeu de justice sociale.
Mis à jour le 9 août 2025